Juliette Noureddine

 Monocle et Col dur  (écoutez la chanson)
C’était le beau temps des Violette
Des Violaine et des Violetta
Missy toujours aimait Colette
Et Violet aimait Vita
D’autres Violette, le dimanche,
Déposaient, si je me souviens,
Pour deux sous de violettes blanches
Sur la tombe de Renée Vivien
Et des Violette expéditives,
Qui n’avaient pas d’autre dessein
Que d’être les rois des sportives,
Se faisaient amputer des seins

{Refrain:}
Ah, qu’on leur permette
Col dur et gourmette
La rose ou le ring
Gourmette et smoking
L’ombre ou bien le socle
Smoking et monocle
Le pur sous l’impur
Monocle et col dur

Quand l’enseigne et son cercle mauve
S’éteint boulevard Edgar-Quinet
Elles retournent à leur alcôve
Mauve comme le petit jour qui naît
S’enivrer de duels illicites,
De ces béguins nés en pension
Dont les hommes se gaussent et s’excitent
Ou bien de sanglantes passions
Mais, qu’elles s’aiment dans le vacarme
Ou le secret qui les dissout,
Les guerrières cachent bien leurs armes
Et leur noir smoking en dessous

{au Refrain}

Un jour vient qu’elles sont des bougresses
Des camionneuses, de méchants gouins
Et voilà qu’elles pleurent leur jeunesse
Et les violettes de Vivien
Parfois, je croise un de ces fauves
Vieille chasseresse, l’œil aux aguets
Mais il n’y a plus de cercle mauve
Sur le boulevard Edgar-Quinet
En ai-je du rire ou de la peine ?
Moi qui conserve malgré tout,
Derrière ma liberté, ma chaîne
Et mon noir smoking en dessous

Ah, qu’on me permette
Col dur et gourmette
La rose ou le ring
Gourmette et smoking
L’ombre ou bien le socle
Smoking et monocle
Le pur sous l’impur
Monocle et col dur

L’initiative de Djou, une blog Bedeuse adorable, est l’occasion de mettre un texte de Juliette Noureddine qui, si elle n’est pas morte et pas tout à fait inconnue, l’est encore un peu trop à mon goût. 

Pourquoi participer à cette journée au fait ? J’ai bien conscience que des cailloux j’en recevrai encore ; que des crachats j’en essuierai encore. Mais montrer sa solidarité et faire front commun a quelque chose de réconfortant. 

Oui je compte bien vouloir donner mon sang un jour ou l’autre ; oui je compte bien ne plus lâcher la main de mon petit ami (lorsque j’en aurai un) par peur ; oui je compte bien draguer un garçon qui me plait autrement que dans des « parkings » à gays ; oui je compte bien avoir des enfants parce qu’ils n’est sérieusement pas prouvé que deux parents du même sexe détraquent leur môme – d’ailleurs il serait bien indélicat, à moins de mentir sur les études déjà existantes, d’apporter des statistiques contraires ; oui je compte bien me multiplier, avec un nombre incalculable de gens, propageant le seul virus acceptable (non, pas celui de l’amour, c’est pas Chouppi land ici), celui du plaisir et de la joie que l’on ressent à exister dans et avec l’autre, sans aucunes entraves autre que nos propres névroses. 

Bonne Fête contre l’homophobie à tous. 

Juliette Noureddine – album : irrésistible 

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