Julien Torma – Ecrits définitivement incomplets

Non Lieu

Vous ne m’avez pas compris

Ne vous en excusez pas.

 

Je parlais la langue des Sages

et les abeilles divines

se posaient sur mes lèvres.

 

Je parlais la langue des poètes

et la cime des arbres

s’inclinait en cadence.

 

Je parlais la langue des saints

et Dieu lui-même faisait taire

les choeurs angéliques pour m’ouïr.

 

Mon erreur était grande

Puisque vous ne m’avez pas compris :

 

J’aurais dû émettre

simplement les sons qui suscitent l’amour.

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Matthieu Gosztola – Sur la muscicalité du vide 2

Mettre le feu à notre vie

pour que la partie qui ne brûle pas

nous apparaisse 

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Publié dans : Matthieu Gosztola, Message Personnel | le 14 juin, 2009 |Pas de Commentaires »

Christian Dédéyan – La rue étroite / n° 5

 » Venez, mes chers, au long de mes vaines boutiques,

Afin que je vous vende un peu d’oubli du temps.

J’ai des oiseaux d’acier qui parlent du printemps

Et cassent les carreaux dans leurs vols mécaniques. »

 

Au carrefour où ta fatigue s’arrêta,

Tu chantes, camelot cerclé d’un lourd silence.

Mais si des mots furtifs gercent ta bouche immense,

Ton pauvre boniment tombe sans résultat.

 

Sur le pavé, les gens inutiles se hâtent.

Les crocs de leurs regards ne trouvent pas ton coeur :

Tu l’as trop bien caché pour n’être pas vainqueur,

Puisqu’à tes pieds, c’est lui qui vend ta voix étroite.

 

Tu parleras , tu parleras ainsi sans fin,

Jusqu’à sentir ta gorge avec du sang mêlée,

Et les foules croiront cette chose volée

Dont tu demanderas de vaincre ta faim.

 

Tu pratiques déjà de muets marchandages,

Tu baisses un peu plus, à chaque heure, ton prix,

Car tes yeux fascinés et las on été pris

Par l’or des pains offerts sur de grands étalages.

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Publié dans : Christian Dedeyan, Communisme | le 31 mai, 2009 |Pas de Commentaires »

Pius Servien – Mains

Mains

Mains qui m’enfermerez dans le linceul choisi

Parmi les draps où nos âmes s’entrelacèrent,

Signant un dernier signe en l’air noir et moisi ; 

 

Mains dont les changements tendrement me lacèrent,

Pour tirer des sanglots aux souvenirs perdus : 

Toute la vie est là lorsque tes mains me serrent, 

 

Et comment j’ai gravi, si lent, tes bras ardus

Jusqu’à l’éternel feu qui sur ta bouche éclate, 

Comme un vol hésitant d’alcyons éperdus, 

 

Pour trouver brusquement et les mers d’écarlate,

Et les nefs de nos yeux pavoisant de concert,

Hors des brouillards massés sur l’île morne et plate.

 

L’office de tes mains près du dernier désert, 

Les gestes qui me font chrysalide éternelle : 

Emportant dans mon lit leur doux parfum amer, 

 

Je me rendormirai tout humide de celle 

Qui devenait pour moi le fond mol de la mer.

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Publié dans : Pius Servien, sans laisser d'adresse | le 24 mai, 2009 |Pas de Commentaires »

Jean Pourtal de Ladevèze – élégie

élégie

Mène ta solitude au bord du flot chantant

Et confie au ruisseau tes peines et tes songes.

Ni la berge riante où les racines plongent,

Ni l’herbe, ni la mousse et le doux sable blanc,

Ni l’obstacle pesant des roches arrondies,

Ni le geste glacé de vos mains engourdies,

Nymphes, n’arrêteront l’insensible courant.

Le ciel mouvant au gré souverain du nuage,

Les arbres de la rive, et, là-bas, ces maisons,

Sur le lisse chemin qui joint deux horizons

Recomposent toujours le même paysage.

Le cours de ta pensée aux méandres secrets

S’écoule irrésistible et de tant de reflets,

Souvenirs, vains regrets, ne retient qu’un visage.

 

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André Blanchard

L’attente

Ce qui passe et ce qui demeure

Tombe d’une même poignée

Où se mêle aux formes de l’heure

Un songe qui n’a point d’année,


L’éternel est à l’éphémère

Plus uni que l’ombre à la joie,

Jusqu’au fond de nous la lumière

N’a pas encor trouvé sa voie;


Mais, plus chère que la présence

De la plus douce et tendre amie,

Nous vivons de cette espérance

Que chaque jour a démentie.

 

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Juliette Noureddine

 Monocle et Col dur  (écoutez la chanson)
C’était le beau temps des Violette
Des Violaine et des Violetta
Missy toujours aimait Colette
Et Violet aimait Vita
D’autres Violette, le dimanche,
Déposaient, si je me souviens,
Pour deux sous de violettes blanches
Sur la tombe de Renée Vivien
Et des Violette expéditives,
Qui n’avaient pas d’autre dessein
Que d’être les rois des sportives,
Se faisaient amputer des seins

{Refrain:}
Ah, qu’on leur permette
Col dur et gourmette
La rose ou le ring
Gourmette et smoking
L’ombre ou bien le socle
Smoking et monocle
Le pur sous l’impur
Monocle et col dur

Quand l’enseigne et son cercle mauve
S’éteint boulevard Edgar-Quinet
Elles retournent à leur alcôve
Mauve comme le petit jour qui naît
S’enivrer de duels illicites,
De ces béguins nés en pension
Dont les hommes se gaussent et s’excitent
Ou bien de sanglantes passions
Mais, qu’elles s’aiment dans le vacarme
Ou le secret qui les dissout,
Les guerrières cachent bien leurs armes
Et leur noir smoking en dessous

{au Refrain}

Un jour vient qu’elles sont des bougresses
Des camionneuses, de méchants gouins
Et voilà qu’elles pleurent leur jeunesse
Et les violettes de Vivien
Parfois, je croise un de ces fauves
Vieille chasseresse, l’œil aux aguets
Mais il n’y a plus de cercle mauve
Sur le boulevard Edgar-Quinet
En ai-je du rire ou de la peine ?
Moi qui conserve malgré tout,
Derrière ma liberté, ma chaîne
Et mon noir smoking en dessous

Ah, qu’on me permette
Col dur et gourmette
La rose ou le ring
Gourmette et smoking
L’ombre ou bien le socle
Smoking et monocle
Le pur sous l’impur
Monocle et col dur

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Francis Carco

Francis Carco

IL TREMBLE DE L’AZUR…

Il tremble de l’azur entre les rameaux bleus

De la tonnelle où nous sommes assis tous deux,

Ce long après-midi de septembre, qui traine

Je ne sais quoi de calme et d’amer avec lui,

Comme lorsqu’il a plu et que, près des fontaines,

La senteur des rosiers parfume l’air plus frais.

C’est l’automne. Il restait ce matin sur les vignes

Les premiers brouillards gris qui remontaient la ligne

Des coteaux mous. Il fait très calme et l’on dirait

Que c’est comme l’après midi d’un long dimanche

Réfugié dans la fraîcheur verte des branches.

Les derniers papillons volent dans le jardin

Où les arbres penchés font des ronds d’ombre bleue,

Et dans l’herbe, couchée au pied des pruniers bleus,

Des fruits lourds sont tombés, tièdes, de ce matin…

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Publié dans : Francis Carco | le 17 mai, 2009 |Pas de Commentaires »
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